fabriquer un licol rapidement


L’harnachement de l’âne

LE BÂT

On utilise un Bât pour transporter une charge sur le dos d’un animal.

Il y a en France, plusieurs types de Bât, construits selon différents principes et qui diffèrent selon les régions. Quel que soit son type et sa fabrication le Bât utilisé doit être confortable pour l’âne et pour cela doit être choisi en fonction de l’âne :

De sa morphologie et non pas de son esthétique.

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Le Bât à croisillons ou Bât américain est le plus courant et le plus utilisé.

L’arçon en bois est constitué par deux patins de part et d’autre de la colonne vertébrale, relié par un croisillon à l’avant et un autre à l’arrière auxquels on attache les bagages. Cet arçon de Bât est maintenu sur l’âne par une sangle que l’on ajuste sur la cage thoracique à l’endroit appelé « passage de sangle » situé derrière les coudes antérieurs. Sur les épaules est ajusté « la bricole » et sur le passage des fesses « l’avaloir ». Ils empêchent tout deux le Bât de glisser d’avant en arrière dans les montées et les descentes. (Dessin)

Le Bât de l’Ariège

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Ce bât a la particularité d’être enveloppant et de coiffer le dos de l’âne en descendant le long de la cage thoracique, il n’y a pas de patins.

Ce Bât est utilisé pour transporter des charges lourdes, pour le débardage, par exemple.

J’ai fabriqué un compromis entre le bât de l’Ariège et le bât à croisillons, il s’est transformé randonnée après randonnée pour s’améliorer autant pour le confort de mes ânes, que pour ma facilité à bâter. (Photo). (Voir rubrique : fabrication du bât)

Le Bât Portugais

Ce Bât a la particularité d’être en paille, il a l’avantage d’être très léger, mais fragile et très volumineux. Evidemment, il craint l’humidité et les rongeurs, il est très difficile d’en trouver à notre époque.

Le Bât Provençal

Ce sont plutôt des paniers tressés en paille de ( ) qui se posent sur le dos de l’âne. Il est très esthétique et très léger. Il est réservé au portage d’herbe, de foin, mais en aucun cas à la randonnée.

Le Bât de l’Armée Suisse

Ce Bât était fabriqué pour les charges de mulet, il est très solide, très enveloppant, mais très lourd. Il est à réserver aux grands ânes, ou il doit être habilement bricolé afin de l’alléger.

BIEN BÂTER

Bâter, signifie installer un paquetage sur le Bât. Bien signifie qu’il soit posé sur le bât de façon à ne pas gêner l’âne dans ses mouvements et surtout ne pas le blesser. On se rappellera que nous en parlons dans le paragraphe (Similitudes Osseuses, soins de l’âne).

« Le centre de gravité de l’âne n’est pas centré !!. Il est important de le savoir et d’y prêter attention lors de la pose du bât et de la répartition de la charge. »

La charge

Le bât tient essentiellement grâce à l’équilibre de la charge. L’avaloire et la bricoleservent à retenir la charge d’avant en arrière, mais n’empêchera pas le bât de tourner et de se retrouver sous le ventre de l’âne.

Une charge en mouvement restera en équilibre si son centre de gravité est placé le plus bas possible.

Il est conseillé au début de peser les peson est utile pour vérifier les sacoches pleines. (Personnellement, j’ai fait une check liste dans chaque sacoche, ce qui m’oblige à ranger les affaires toujours au même endroit)

Lorsque l’on prend quelque chose dans une sacoche, (eau, nourriture, vêtement, etc…) cela suffit pour déséquilibrer la charge et rendre la randonnée désagréable pour votre âne. Il suffira de surveiller le phénomène et passer un ustensile dans une autre sacoche. Ou de répartir la charge avec le boudin de dessus.

La sous- ventrière

On l’appelle aussi sangle de bât, elle se place au ‘’Passage de sangle’’, c’est-à-dire à 5 – 10 cm derrière les antérieurs, elle s’appuie sur le sternum et les cotes fixes. L’âne est un coquin, quand il vous voit arriver avec le bât il gonfle son ventre, il est important de vérifier après 10 mn de marche et resserrer la sangle d’un trou ! Le mauvais placement de la sangle peut provoquer des blessures par échauffement. Il est important que la bricole et l’avaloir soient aussi correctement placés. Le harnachement est un ensemble.

L’avaloir

La place de l’avaloir est environ une largeur de main en dessous de la pointe des fesses, il doit être lâche, mais à la bonne hauteur, la largeur d’une main entre l’avaloir et la fesse est une bonne position.

La bricole

La place de la bricole est à la pointe des épaules et non à la base de l’encolure, même schéma que pour l’avaloir. Ces courroies doivent servir à maintenir le bât à sa place lors des montées et des descentes. Elles ne doivent pas être serrées, sans blesser l’animal, mais suffisamment lâches pour permettre tout mouvement d’élongation.

IMPORTANT

Pour un bât quel que soit la sangle, il est important quelle soit large : plus la surface en contact avec l’âne est importante, mieux les forces sont réparties et les risques de blessure diminuées d’autant. (Pour les amoureux de leurs ânes, il est possible de doubler les sangles avec une peau de mouton)

Le tapis

Il est indispensable de mettre un très bon tapis de bât, il le faut assez épais 2 cm minimum, 4 cm n’étant pas du luxe. Le tapis doit être assez long sur les cotés. Un bon tapis de bât doit protéger toute la surface en contact entre l’âne et la charge. Il est à proscrire toute fibre nylon ou polyester, un tapis en coton et en laine est l’idéal. (Mes tapis de bât mesurent 1.20 par 1.20 et ils sont fait d’une housse lavable en coton et de quatre épaisseur de couverture de l’armée).

Le licol

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Le licol est en sorte la muselière de l’âne, il est important que le licol soit très confortable pour l’animal. Il en existe en synthétique, mais le cuir ou le coton seront plus approprié. Les ânes ont la peau très fine, un mauvais frottement peut entrainer rapidement une blessure (brulure).

Le licol en cuir est facile d’entretien, l’enduire régulièrement avec de l’huile de pied de bœuf et votre licol accompagnera votre âne pendant de nombreuses années. Pour ma part, j’ai équipé mes licols de deux chaines latérales de 12 cm environ, attachée aux anneaux de la muserole. Ce système est appelé licol Portugais, il permet de mener la randonnée plus confortablement aussi bien pour l’âne que pour l’ânier. (Photo). Le licol sert pour la promenade ou le travail, lorsque votre âne est au pré, on ne lui laisse pas le licol :

1°) par sécurité, l’âne peut s’accrocher à une branche et tirera sur le licol et se blessera !

2°) Lorsqu’il vous verra arriver avec le licol, il comprendra que c’est l’heure de la promenade (il ne refuse jamais)

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La longe

La longe s’attache à l’anneau du bas de la muserolle ou sur la chainette en cas de licol type portugais. Une bonne longe doit être agréable au toucher, équipé d’un mousqueton de sécurité, qui puisse s’ouvrir facilement en cas de besoin. Il ne faut jamais s’entourer la longe autour de la main ! En cas d’écart brusque, la traction sur la longe risque d’être très douloureuse pour vos doigts. Je me suis équipé d’une longe de 5 m, terminée par un mousqueton à chaque extrémité, cela permet de laisser suffisamment d’autonomie à l’âne et lors d’un arrêt, il suffit de décrocher un mousqueton, passer la longe autour d’un arbre, cela laissera du terrain à votre bête pour brouter à sa guise.

Le mors

Pour ou contre le mors ? Le mors doit être utilisé seulement pour un travail monté ou attelé et seulement dans l’axe de l’animal.

Le mors est un outil violent qui doit être utilisé a bon escient. Il est fait pour demander à l’animal des réponses fines à des demandes claires. En ce qui nous concerne pour la randonnée le mors est à proscrire.

Nous envisagerons de faire un commentaire lors d’une rubrique spécifique à la monte ou la traction hippomobile.

 

LES ACCESSOIRS DIVERS

Le chasse mouche ou frontal chasse mouche

Il protège les yeux de votre animal de la voracité des insectes. En plus, personnellement je badigeonne mes ânes avec un mélange citronnelle et extrait de lavandin, je ça trouve plus agréable que les produits à base de goudron.

La longe de nuit

Cette longue corde à la particularité de faire au moins 10 à 15 m, sur une longueur de 5 m, on l’aura introduite dans un tuyau d’arrosage bloquée par deux nœuds. Cette astuce évitera à votre âne de se prendre les pattes dans la corde et de se blesser inutilement.

Vache à eau

Pour se nourrir, votre âne n’a pas besoin d’assiette mais il lui faudra une bassine pour boire. Il existe des vaches à eau dans le commerce, mais un seau ou une bassine peu aussi bien faire l’affaire pour lui donner un peu de grain ou tout simplement servir à faire la vaisselle ou la lessive du randonneur.

Fabrication du bât (bois)

FABRIQUEZ VOUS MÊME VOTRE BÂT

Cette technique de fabrication a été empruntée sur une revue spécialisée, alors rendons à CESAR ce qui appartient à Stéphane GAVARD

Du bois, du cuir, quelques outils, un soupçon d’adresse et beaucoup de passion pour nos amis les ânes et vous pourrez devenir aisément charron ou bourrelier amateur.

Les randonnées et les séances de travail avec votre ami bourricot n’en seront que meilleures et valorisantes, car vous pourrez dire « c’est moi qui l’ai fait ». LA BOITE A OUTILS :

Un mètre ruban Une scie sauteuse, une scie égoïne et une scie à métaux. Une ponceuse, du papier de verre, une râpe à bois. Une perceuse et des mèches. Un ciseau à bois, un maillet, deux serre joints. Une tige filetée de 10 mm, 4 boulons freins filés et 4 rondelles. De la colle à bois d’extérieur.

Et maintenant « au travail »

PREMIERE ETAPE  : les montants

Prendre un plateau de frêne (épaisseur 55 mm pour un bât de travail), bois résistant et facile à façonner, le principal est qu’il soit bien sec et sans nœuds, le poncer soigneusement. Reporter le gabarit préalablement dessiné sur un carton rigide ou un contre plaqué sur le plateau bien lisse . 

Les quatre montants ainsi dessinés il ne reste plus qu’a les découpés avec une scie égoïne ou une scie sauteuse . Ensuite il suffira de parer soigneusement avec une râpe à bois et la finition au papier de verre. 

DEUXIEME ETAPE : les traverses

Elles sont aussi au nombre de quatre et seront découpées dans un plateau plus mince (20 mm).

La grandeur est proportionnelle à l’animal il faudra compter une largeur finie de 54 cm pour un mulet de taille moyenne, et de 48 cm pour un âne . Nous découperons donc dans un plateau de 20 mm d’épaisseur, une longueur de 37 cm pour un âne sur 45mm de largeur La réalisation du tenon est simple, il suffit d’entailler sur 5mm de profondeur, sur deux faces opposées. Ensuite on achève le tenon à l’aide d’un ciseau à bois. Comme pour les montants, finition à la râpe à bois et au papier de verre.

TROISIEME ETAPE : les assemblages

Deux types d’éléments d’assemblages sont à effectuer sur les montants : des mortaises et des mi-bois triangulaires à chaque extrémité (on dit mi-bois mais en réalité l’encoche ne doit pas dépasser un tiers de l’épaisseur du montant. Avant de percer les mortaises il est conseiller de présenter les montants de façon à ne pas se tromper de coté de percement.

1) le mi-bois :

C’est qui va permettre de solidariser deux par deux les montants. Avec le gabarit, on trace sur le montant les marques du mi-bois. Avec une scie égoïne on découpe sur une profondeur de 15 mm. Il suffit de creuser le bois avec un bon ciseau à bois, finir à la râpe et au papier de verre et le mi-bois est propre et fini. Les montants s’encastrent alors parfaitement entre eux.

2)La mortaise : 

Toujours avec le gabarit, on prend les marques pour la réalisation des mortaises(attention ne vous tromper pas de sens).Avec une perceuse et une mèche de 10 mm, percer plusieurs trou de 20 mm de profondeur (comme la taille des tenons des traverses). Les trous percés, on fini avec le ciseau à bois. 

QUATRIEME ETAPE : le montage

Les pièces sont prêtes, propres et bien poncées : il ne reste plus qu’à monter le bat. Prendre deux montants que l’on encastre en butée de sorte que l’écartement soit maximal. Avec la perceuse faire un trou (prendre une mèche de 10mm) au milieu du mi-bois. Il est impératif de bien bloqué à l’aide de serres joint les deux montants afin de percer le trou bien droit. Le trou ainsi creusé, enfoncez une tige filetée de 10mm de diamètre et couper la avec une scie à métaux. Il ne reste plus qu’à bloquer la tige à l’aide des écrous à freins filés.

Assembler les deux autres montants de la même façon.

Pour fixer les traverses sur les montants on utilisera la méthode du collé-chevillé : avec de la colle à bois d’extérieur on enduit soigneusement les mortaises et l’on introduit les tenons que l’on ajuste avec le maillet, il ne reste plus qu’à cheviller (avec des tourillons de 6mm) les assemblages tenon-mortaise pour fixer définitivement le tout.

Voila la structure en bois de votre bat est maintenant terminé,

Fabrication du bât (cuir)

Le travail du cuir

Attaquons maintenant la fabrication de l’avaloir, la bricole, la sous ventrière et de toutes les lanières de réglage, un peu de patience et beaucoup de finesse la finition du Bât n’est plus très loin.

LA BOITE À OUTILS :

Un emporte- pièce Un abat-carre Un couteau Demi-lune Un cutter Une règle longue (règle de tapissier) Un stylo pointe fine Des rivets en cuivre de 14 ou 18 (selon épaisseur du cuir) Un maillet en bois ou en caoutchouc De la colle néoprène 5 boucles avec passant de 25 mm 1 demi rond 6 boucles avec passant de 32 mm 2 aiguilles de sellier Du fil suifé Une alène triangulaire

Cette deuxième étape, celle de la construction du harnachement présente un peu plus de difficulté que le travail du bois. La première difficulté, la maîtrise de la technique du cuir, il est prudent de se plonger dans un livre pour en découvrir les rudiments ou aller sur un site internet. La deuxième difficulté, pour cette étapes, des outils divers et assez spécifique seront nécessaires. Exemple : l’alène, les aiguilles de selliers, etc. (PHOTO 1) Enfin nous le rappelons toutes les dimensions données sont à rapporter par rapport a la taille de l’animal. La longueur des cuirs dépend de la morphologie de votre animal, de toute façon les réglages sont prévus pour adapter le harnachement de votre animal.

QUEL CUIR UTILISER ?

Pour la construction de notre bât nous allons utiliser du collet végétal non teinté de 4 5 mm d’épaisseur. Mais nous aurions pu utilisé du demi-dosset, certainement plus résistant. Le mieux est de demander conseil à votre cordonnier (nous vous indiquerons a la fin des adresses de fournisseurs spécialisés). Mais assez de blabla, il est temps de se mettre au travail et attaquer la découpe des pièces.

PREMIERE ETAPE : La découpe des pièces. (PHOTO 2) 

Pour cette partie, il n’y a pas spécialement de difficulté. Simplement le cuir étant un matériaux très souple, il faut faire attention de bien découper droit, notamment en appuyant fortement sur la règle de tapissier et surtout en prenant des mesures précises. Avec un bon cutter découper une pièce de cuir ne pose pas vraiment de problèmes.

1) Pour commencer, nous allons découper les sangles de réglage n°1 Les pièces A : Elles sont au nombre de 6, elle mesure 61 cm de long par 3,2 cm de large. Les pièces B : Elles sont au nombre de 6, elle mesure 17 cm de long par 3 cm de large.

DEUXIEME ETAPE : Les sangles de serrage.

Elles sont au nombre de 6. Pour se faire on utilise les pièces À, des lanières de 61 cm de long, pour 3.2 cm de large, et les pièces B de17 cm de long par 3 cm de large. Avec cette dernière pièce o, on forme une boucle qu’on place à l’extrémité de la pièce A. Puis avec l’emporte pièce de 5, on perce deux trou dans lesquels on mettra deux rivets de 14. Voila la première sangle que l’on placera sur l’avant du bât est réalisée.( PHOTO 3 et 4)

TROISIEME ETAPE  : Les ronds 

Les deux ronds ont un diamètre de 10 cm, (C) on les découpera avec un compas puis un cutter. Sur le premier on fixera deux lanières de 16 cm (F) et une de 42 cm (E). Sur le deuxième, 2 pièces de 16 cm (F) et une de 18 cm (D). (PHOTO5 et 6) Maintenant les choses vont devenir un peu plus difficiles, il va falloir désormais coudre et fixer les boucles avec passant de 25 mm. On prend donc les quatre lanières de 16 mm de long et on les plie en deux, on aura préalablement creusé une fente pour que l’on puisse passer l’ardillon de la boucle. La boucle est positionnée, la languette est pliée en 2, il ne reste plus qu’à la fixer. Pour cela, on commence par coller le tout avec une colle néoprène. On compresse la plissure à coup de maillet et c’est ensuite le moment de sortir l’alène, les aiguilles et le fil suifé, la couture peut commencer.(PHOTO 7 et 7 bis)

Une foie les lanières de 16 cm cousues avec leurs boucles, il ne reste plus qu’a les coller, puis les coudre sur le rond. Pour les deux autres lanières, celle de 18 cm et celle de 42 cm, il n’y a pas de boucle à fixer, il suffit juste de les coller et de les coudre sur le rond.

QUATRIEME ETAPE : Lanière de réglage N° 2 (PHOTO 8) 

Prendre la pièce (G) de 21 cm de long. Sur cette pièce, on fixera d’un coté une boucle avec son passant et de l’autre un demi rond. Pour ce faire, on adopte un système de triple épaisseur. Boucles et demi rond fixés, la pièce G ne doit plus mesurer qu’environ 8.5 cm. Ensuite on prend la pièce H, on la rentre dans le demi rond, on la plie en deux et on la colle (avec le demi rond en son milieu). Bien sur, on coud le tout. Cette pièce sera fixée au bât, sur la structure en bois, au niveau du boulon.

CINQUIEME ETAPE : Avaloir, bricole et sous ventrière. (PHOTO 9)

Pour la fabrication de l’avaloir et de la bricole, le procédé est strictement identique. Seules changent les dimensions. Nous n’aborderons que la fabrication de l’avaloir qui vaudra également pour celle de la bricole. La confection de la sous- ventrière est, quand à elle encore plus simple. Pour ces trois pièces, le plus compliqué st finalement la découpe. Prenons donc l’avaloir découpé. Notez bien les deux fentes de 2,5 cm, à l’intérieur de la pièce, ou l’on fixera deux barres de fesse de 50 cm (I), et aux deux extrémités les deux fentes qui serviront à passer les boucles de 3,2 cm. Il est d’ailleurs fortement recommandé de placer un renfort an niveau des boucles et donc de la fente de 32 mm en collant une petite lamelle de cuir pas trop épaisse (15 mm) de 6 cm par 3,2cm. On plie maintenant la pièce en deux dans le sens de la largeur, et on compresse avec le maillet. Pour bloquer la plissure on coud (environ 8 points) aux deux extrémités et au milieu. Il ne reste plus qu’à prendre les deux barres de fesse de 50 cm, de les glisser dans les fentes de 2,5cm. On les colle à l’intérieur puis on les coud. On coud ensuite les deux boucles de 3,2 cm aux extrémités. L’avaloir est maintenant fini, avec le temps la pièce se refermera toute seule, mais si la couture sur cuir est devenu une passion alors, n’hésiter pas à vos aiguilles. Vous reproduisez la même technique pour la bricole et la sous ventrière.

SIXIEME ETAPE : L’assemblage

Toutes les pièces sont maintenant prêtes. Pour les derniers réglages il est important de le faire sur votre animal. Le bât est positionné sur l’âne, vous aurez fixé au niveau des traverses les 6 lanières de réglages N° 1. Pour commencer, on prend la lanière de réglage N° 2, celle à triple épaisseur, que l’on perce avec une mèche de 10 mm. Elle sera ensuite positionnée à l’arrière du bât, au niveau du boulon situe à l’intersection des deux montants.(PHOTO 10) Ensuite on assemble le rond (celui avec la lanière de 42 cm) à la lanière de réglage N°2 fixée sur le bât. On peut maintenant positionner l’avaloir. Les deux barres de fesses sont attachées aux deux boucles du rond. C’est le moment de percer les trous sur les lanières afin de régler au mieux le positionnement de l’avaloir. Il est important lors du réglage de laisser le passage d’une main entre la pièce et l’animal. A l’avant du bât, toujours au niveau du boulon, on attache directement l’autre rond relié à la bricole par les deux sur cous (pièces I). Et comme pour l’avaloir, on règle le tout en perçant les trous sur les lanières. Le procédé est le même pour la fixation de la sous-ventrière. Le harnachement est parfaitement ajusté. Pour l’entretien il suffira de traiter les cuirs avec de l’huile de pied de bœuf. Le bât est fini, vous pouvez emmener votre cadichon en ballade, voir le faire travailler si vous en avez le courage.

(PHOTO 11, 12 ET 13)

Pour ne pas rester en reste, et aller jusqu’au bout de l’ouvrage, nous avons fabriquer le tapis. Il suffit d’avoir de la toile pas trop rêche, mais solide et de glisser à l’intérieur quatre épaisseurs de bonne vieille couverture, il est bien évident que plus le tapis sera épais, plus votre machine à crottin sera protégée.


l'âne et la traction

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Une école des ânes pour aider les maraîchers

Plus maniables et plus économiques que les tracteurs, les ânes sont de précieux alliés pour les maraîchers, et les Haras nationaux tentent de les promouvoir à travers une école spécialisée. "L'âne est docile et rustique, il a de petits sabots et donc n'abîme pas les rangs des plantations comme un cheval. Il peut tourner facilement et passer sous les serres", explique Pascal Sachot, directeur du haras national de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Il est aussi depuis 2011 responsable de l'école des ânes maraîchers créée sur le haras, à la demande du ministère de l'Agriculture, qui veut promouvoir l'utilisation des équidés comme outils de travail.

"L'idée est de valoriser l'élevage, de faire vraiment de l'âne un outil de travail et non plus une tondeuse à gazon ou un animal de compagnie", résume-t-il sur son stand du Salon de l'agriculture. Mais il faut pour cela réapprendre un savoir-faire disparu. L'école de Villeneuve-sur-Lot commence par sélectionner de jeunes ânes, sur leur morphologie et leur mental.

Des outils plus modernes 

Les Haras nationaux espèrent ainsi contribuer au renouveau de la filière asine en France. Selon une étude de l'Institut national de l'âne et du mulet (INAM), le nombre d'éleveurs d'ânes a été pratiquement divisé par trois entre 2009 et 2014, passant de 1200 à un peu plus de 400. En revanche, le nombre d'éleveurs produisant des ânes pour la traction animale a fortement augmenté, passant de zéro à plus d'une quarantaine. Mais l'animal reste pour l'instant principalement utilisé pour la randonnée et la production de lait d'ânesse.

Pour les maraîchers, l'âne a beaucoup d'avantages

"L'âne coûte moins cher qu'un tracteur et il abîme moins les sols. On peut aussi utiliser son fumier comme compost, surtout en agriculture biologique",explique Cédric Pielko, maraîcher à Saint-Parthem. Ses deux ânes l'aident aussi à débarder du bois, à entretenir les prairies, et à arrondir ses fins de mois en organisant des balades pour des colonies de vacances. Il faut débourser 5 à 6 000 euros pour un âne, en comptant le harnais et les outils, contre 10 à 15 000 euros pour un tracteur, carburant en sus.

La question des outils n'est d'ailleurs pas oubliée par l'école des ânes maraîchers. "Les outils de nos grands-parents étaient lourds et désuets. Nous travaillons avec des constructeurs pour mettre au point de nouvelles gammes, des outils légers, réglabes et ergonomiques", souligne Pascal Sachot. Le formateur reste réaliste: même si l'âne permet le même rendement qu'un tracteur, avec plus de précision sur l'entretien des légumes,"il n'est utilisable que sur de petites surfaces. On ne prône pas un remplacement total du tracteur". Une petite centaine d'ânes sont actuellement utilisés pour le maraîchage, surtout dans le Sud-Ouest. "Cela fait vivre toute une filière: éleveur, sellier, maréchal", rappelle M. Sachot.


faneuse attelée à un âne


tonte de pelouse en traction asine


l'âne et le maraichage


le débourrage a l'attelage

« Chacun cherche son âne »… à crédit

Au commencement était Sarkozy. En 2009, Yacouba Sawadogo, originaire de Boromo, au Burkina Faso, qui a perdu son âne nommé… Sarkozy, se retrouve en difficulté pour assurer sa récolte de céréales. Ses amis français se cotisent alors pour récolter 40 000 francs CFA (60 euros environ) pour lui permettre de le remplacer. L'opération est un succès. C'est la naissance d'une chaîne de générosité : un système de micro-crédit à taux zéro remboursable sur un an.

A ce prix-là, «Chacun cherche son âne», du nom de ce projet. A Boromo, se trouve une fontaine d'eau. Ici, on s'aligne par ordre d'arrivée pour faire le plein de ses bidons ou de sa barrique. Dans les rangs, deux ânes, tractant une charrette d'une dizaine de bidons. En un voyage, la famille de Fatimata Ouédraogo a sa consommation d'eau assurée pour plusieurs jours. Plus besoin de faire plusieurs fois par jour le trajet de la fontaine d'eau. Grâce à l'acquisition de l'âne en janvier 2015, l'approvisionnement de la famille en eau n'est plus un casse-tête. Un grand soulagement.

Inscrite sur la liste d'attente des bénéficiaires du programme depuis quelques mois, Fatimata est une femme soulagée. Elle consacre le temps ainsi gagné à d'autres activités telles que le ramassage de bois pour le feu de la cuisine. Mais l'un des principaux avantages de posséder un âne est surtout lié aux travaux agricoles (sarclage, labour et transport de la récolte).

Si Fatoumata Ouédraogo est une récente bénéficiaire du programme, Noumassi Tiaho se targue d'être un des premiers de son village voisin à recevoir un âne. Il s'en rappelle encore: «J'ai acquis mon âne, il y a quatre ans et Laure Berthon (en charge des formalités administratives et des relations avec le Burkina Faso) était là. Après la première expérience avec la famille de Yacouba Sawadogo, j'ai appris que ses amis voulaient mettre en place un système pour aider ceux qui ne pouvaient pas s'acheter un âne. C'est ainsi que me suis inscrit».

Charrettes en partage

Depuis, 96 personnes ont bénéficié de l'opération. Actuellement, six personnes sont en train de chercher leurs ânes et 15 autres sont sur la liste d'attente. Le système est simple, explique Souleymane Ilboudo, coordonnateur de l'association à Boromo: «Les paysans s'inscrivent à notre niveau sur une liste. Lorsque nos amis en France ont pu lever un peu de fonds pour un nombre d'animaux, nous procédons aux attributions. Mais c'est le producteur lui-même qui cherche son âne et le programme paie à sa place».

Le paiement à tempérament fonctionne bien, explique Boureima Sougué, bénéficiaire du programme: «Les paysans remboursent toujours, mais il y a parfois des retards, surtout quand le bénéficiaire est malade». A Boromo, «il n'y a pas de problèmes, au point que certains bénéficiaires soldent même le montant de l'âne avant terme», soutient le coordonnateur.

Après cinq ans d'activité, «Chacun cherche son âne» diversifie ses activités avec l'opération «charrettes en partage». A l'âne, l'association essaie de coupler l'indispensable charrette et la charrue afin de rendre autonome le producteur. L'offre, cette fois-ci, cible les familles déjà bénéficiaires d'un âne, obligées de se mettre par groupe de cinq pour bénéficier gratuitement d'une charrette et d'une charrue. 19 charrettes et 22 charrues ont été déjà livrées. Pour les bénéficiaires, l'autonomisation est en marche.

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